Le nouveau PEL, toujours intéressant ?

PEL

Comme de nombreux produits d’épargne, le Plan Epargne Logement (PEL) a vu son fonctionnement et sa fiscalité largement modifié par la loi de finances 2018. Ce changement en défaveur des épargnants pose une question : Faut-il encore ouvrir un PEL ? La réponse est “non” dans la plupart des cas, explications.


Le PEL désormais soumis à l’impôt.

Les PEL ouverts depuis le 1er Janvier 2018 seront imposés sur les intérêts qu’ils génèrent dès la première année. Les PEL ouverts avant cette date bénéficient d’une franchise d'impôt durant les 12 premières années. Seuls les prélèvements sociaux (17,2%) sont prélevés durant ce délai. C’est uniquement une fois la 12ème année révolue que vient s’ajouter l'impôt.


Quel est le taux de rendement du PEL ?

Depuis le 1er août 2016 le taux de rendement du PEL est fixé à 1%, brut de fiscalité (voir l’historique des rendements dans l’article Quel est le taux de votre PEL en fonction de votre date d'ouverture ?). Si nous déduisons 30% d’impôt (FlatTax), alors le rendement des PEL ouvert après le 1er janvier 2018 sera de 0,70% par an, net d'impôt. Nous sommes ici en dessous du taux du livret A !


Deux possibilités d’imposition

Depuis la mise en place de la loi de finances 2018, les contribuables doivent faire un choix au moment de leur déclaration d’impôt. Concernant l’imposition des revenus issus de leur patrimoine (revenus non salariaux), ils pourront opter pour une imposition au prélèvement forfaitaire unique (PFU ou Flat Tax de 30%, prélèvements sociaux inclus) ou bien pour l’intégration de ces revenus à l’imposition sur le revenu, majorée de prélèvements sociaux de 17,2%. Il faut noter que ces options sont totales et irrévocables. Si vous choisissez d’être imposé au régime du PFU, alors ce sera le cas pour tous les revenus de votre patrimoine pour l’année donnée, et inversement. Il est donc nécessaire, avant de choisir une option, de calculer lequel des deux régimes vous sera le plus avantageux.

Le PEL, en tant que produit d’épargne entrera lui aussi dans le champ de cette nouvelle imposition. Vous devrez choisir, chaque année, comment seront imposés les intérêts que génèrera votre Plan.

Si vos revenus ne sont pas assez élevés pour que vous soyez imposable, vous avez intérêt à choisir l’intégration à l'impôt sur le revenu, et vous paierez alors uniquement les prélèvements sociaux (17,2%). Mais si vos revenus vous placent dans un tranche d’imposition de 30%, par exemple, vous avez intérêt à opter pour le PFU (30%, prélèvements sociaux inclus, contre 47,2% prélèvements sociaux inclus pour l’option d’intégration à votre impôt sur le revenu). Dans tous les cas cette nouvelle mesure aura un effet néfaste sur votre rendement. Le rendement net maximum d’un PEL ouvert en 2018 sera de 0,83%, si vous n’êtes pas imposable.


La fin de la prime d’État.

Une autre faiblesse des PEL ouverts à partir du 1er janvier 2018 est la disparition de la prime d’Etat. Avant cette date le rendement des PEL était bonifié par cette dernière, qui avait pour but d’inciter à la réalisation de projets immobiliers. Dorénavant votre rendement ne sera plus bonifié. Pour le détail des conditions, montants des primes d’Etat pour les PEL ouverts avant le 1er janvier 2018, vous référer à l’article : PEL et prime d’Etat, à quoi ai-je droit ?


Le PEL va-t-il disparaître ?

Le PEL n’a plus d’intérêt pour les épargnants. Il est moins souple que les livrets réglementés et délivre un rendement moindre. Tout au mieux, il peut être utilisé comme un produit de couverture contre une remontée des taux d’emprunt, grâce à la possibilité d’obtenir un prêt immobilier à un taux connu à l’avance ( 2,2% avec un PEL ouvert aujourd’hui) (c.f article PEL et emprunt : le PEL est-il utile pour emprunter ?)

Ce réaménagement du PEL n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans la volonté du gouvernement de réduire l’utilisation du PEL, "produit toxique (...) qui bloque l'épargne des Français à 1% pendant dix ans alors que nous savons tous que les taux vont remonter" ,selon Amélie Montchalin, députée LREM de l'Essonne et référente de la majorité à la Commission des Finances.


Quelles alternatives au PEL ?

Le PEL ayant perdu de son attractivité, quels choix reste-t-il aux Français qui souhaitent placer leur argent, de surcroît en vue d’un projet immobilier futur ? Alors que le rendement des fonds euros et de celui de tous les autres livrets réglementés est au plus bas, il apparaît qu’il faut prendre quelques risques pour espérer un rendement correct. Tout n’est pas perdu, certains outils permettent encore de générer du rendement en acceptant de prendre un risque modéré. L’assurance-vie, le PEA, le compte titre et d’autres supports vous offrent la possibilité d’investir sur les marchés financiers et sont plus rémunérateurs. Vous trouverez l’ensemble des alternatives et de leurs avantages/inconvénients vis-à-vis du PEL dans l’article : Quelles alternatives au PEL ?

Les meilleurs placements

Comparez tout les placements et trouvez celui qui vous correspond avec notre chat bot.
Classement-assurance-vie

Partagez

Go-Nalo

Un expert financier vous recontacte

Vous êtes à la recherche d'un placement performant ? Vous avez des questions sur un produit d'épargne ? Un conseiller financier vous recontacte gratuitement pour vous aider à optimiser votre patrimoine.